Y a-t-il un destin ?

- Tout est écrit d'avance.

- Rien n'est écrit d'avance.

- Le destin s'applique à la matière, la liberté s'applique à l'esprit. Selon que vous vous croyez matière ou esprit, vous êtes plus ou moins soumis au destin.

- Vous voulez dire par là que le libre-arbitre dépend de notre libre-arbitre ? Que selon comment on se positionne, on subit plus ou moins son destin ? Moi je dis que ce qui est écrit est écrit. On croit pouvoir y échapper, mais c'est toujours une façon d'y aller.

- Je le crois aussi. Mais je crois aussi qu'il y a une part de libre-arbitre. En fait, le destin s'accomplit inexorablement. Mais notre façon de le vivre, l'enseignement qu'on en tire, la souffrance ou la joie, cela dépend de nous, de notre position comme dit Monsieur, plus ou moins dans l'esprit ou plus ou moins dans la matière.

- De toute façon, tout doit être vécu, et je suis volontaire pour tout.

- Vous avez raison. Plus on a d'expérience, plus on mûrit et plus on vit avec sagesse. Cela ne sert à rien de vouloir retarder les choses.

- Alors, destin ou pas destin ?

- Destin.

- Pas destin.

- Est-ce mon destin de ne pas croire au destin ?

- Celui qui naît n'est pas l'Etre. L'Etre est l'Eternel qui décide tous les destins à chaque instant. Lorsque je nais, j'ai déjà décidé ce que je vivrai. Mais rien ne décide, que moi, comment je vais vivre, assumer ce destin. Et quels enseignements je vais en tirer. A chaque instant, dans le présent, mon attitude, mes intentions par rapport à ce destin déterminent mon destin futur de façon inexorable. Selon mon acceptation des choses, selon mes décisions. Selon mes désirs et mes peurs. Cela je peux faire en sorte de les maîtriser, et alors je change mes destins. Mais il y a toujours un destin, car une personne est un outil précis pour remplir une tâche précise. Ne pas l'accepter module ce destin, mais le destin est là. Et ma seule liberté consiste à prendre conscience que je ne suis pas celui qui est né, celui qui a ce destin, mais celui qui le décide, à chaque instant, en constatant le chemin parcouru. Celui-là est libre, mais celui-là n'est pas le conscient de mon esprit. Il ne s'éveille que quand je m'endors, pour la nuit ou pour la mort.

- Pour la nuit ou pour la mort ! Ecoutez-moi ça ! Je me gausse. Je me gausse.







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