Liberté, Egalité, Fraternité, c'est pour quand ?

C'était hier, en juillet 98, sur les Champs Elysées et dans toute la France, là où, tous âges confondus, toutes races mélangées, tous niveaux sociaux effacés, on se congratulait, on s'embrassait, on chantait ensemble pour fêter la libération footballistique de la France.

Ce qui reste de cette joie et de cette émotion, ce n'est pas le souvenir des buts de Zinedine et d'Emmanuel, ni de cette coupe brandie par Aimé. Ce qui reste, et ce qui vous rend le plus nostalgique, c'est la liberté, l'égalité et la fraternité que vous avez goûtée pour une fois de la façon la plus inattendue. L'impression que pour une fois, tout le monde est normal, tout le monde COMMUNIQUE parce que tout le monde est UN. Et c'est cela qui est inoubliable, parce que c'est le plus profond de nous-mêmes, ce qui nous est commun à tous, qui s'est exprimé alors que nous le réprimons jour après jour.

Ce que nous avons vécu, nous ne pourrons plus jamais être ceux qui ne l'avaient pas vécu, et toujours nous en garderons la nostalgie car c'est notre vraie nature humaine qui s'est manifestée. Enfin. Collectivement. Chacun pour sa part.

S'il y a eu cet hier, c'est qu'il peut y avoir demain. Nous savons ce que sera notre joie lorsque nous aurons décidé et mené à bien la troisième libération, celle de l'égotisme et de l'individualisme qui isole chacun dans sa forteresse corporelle intouchable, et qui se manifestera à l'occasion de grands cataclysmes, de grands fléaux collectifs, ou de grandes révolutions. La solidarité. La communion dans l'épreuve. Qui risquent toujours de se produire en cette fin de siècle car ceux qui mènent le monde selon leur profit n'ont que faire des conséquences, et ont depuis longtemps intégré la destruction de l'environnement, l'abêtissement et la mortification de l'humanité dans leurs calculs économiques. Et continueront de vous faire croire que tout est fait pour préserver la planète.

"Il en va de notre survie, car pour le profit ces gens sont prêts à tout, même à nous tuer tous", disait Einstein dans une lettre à Schrödinger en 1950.

Bientôt vous aurez l'occasion de manifester votre fraternité, et lorsque nos blessures seront cicatrisées, alors nous verrons si vraiment nous avons appris quelque chose et si, par-delà les conséquences dramatiques de nos égoïsmes et de notre indifférence, nous sommes capables de montrer désormais ce qu'est l'humain. C'est tout le sens du Verseau.

Droits de l'Homme. Avez-vous le sentiment que ce soit compatible avec ce capitalisme monopolistique ? N'avez-vous pas l'impression que dès l'instant que l'intérêt personnel est la loi chez ceux qui décident votre vie, on peut vous donner toutes les garanties constitutionnelles, cela n'aura aucune incidence autre que vous rassurer et vous faire patienter, le temps qu'il soit trop tard...




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